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Samedi 15 Septembre 2012

Sonorités de la Préhistoire

Cette conférence de Tinaig Clodoré-Tissot (Docteur en Préhistoire Université de Paris I, spécialisée en archéologie musicale)  s'est déroulée à l'Université Lille 3, dans le cadre des Journées du Patrimoine.

Retrouver les sonorités et les musiques de l’Antiquité : voici ce qui vient à l’esprit lorsqu’on entend les termes d’archéologie de la musique. Ce faisant, on oublie que sa définition est en fait bien plus large. L’archéologie musicale a pour but de reconnaître et d’étudier toutes les traces d’activité musicale (chants, danses, instruments) produites par une civilisation disparue. Il est toutefois nécessaire de faire une mise au point de ce qu’on entend par « activité musicale », surtout en ce qui concerne les instruments. En effet, on en a souvent négligé une partie, car ils ne correspondent pas à la définition du mot « instrument » au sens noble du terme. De la guimbarde à la lyre la plus perfectionnée, tout ce qui « produit un son intentionnellement » a droit de cité en archéologie musicale. À travers ces définitions, on comprend que le domaine étudié est vaste. Cette discipline se divise elle-même en plusieurs spécialités, reflétant à peu de choses près les types de sources rencontrées :
• L’archéo-musicologie étudie la notation, la théorie et l’interprétation de la musique.
• La paléo-organologie privilégie les vestiges d’instruments retrouvés lors des fouilles.
• L’iconographie musicale s’intéresse à la représentation des instruments.
• La philologie musicale étudie les textes et la terminologie concernant la musique.
Dans les civilisations sans écritures, les recherches sont limitées par le manque de sources. Pour la Préhistoire, nous ne connaissons ni les mélodies, ni les rythmes. Seuls des vestiges d'instruments de musique et des objets sonores nous sont parvenus. Les premiers apparaissent avec l'Homo Sapiens Sapiens, il y a plus de 25 000 ans. Ce sont des flûtes en os de vautours ou d'aigles, des sifflets en phalanges de rennes perforées, des rhombes en ivoire de mammouth. Les premiers agriculteurs du Néolithique possèdent des instruments de musique en os, en bois mais aussi en terre cuite : sifflets, trompes et probablement tambours.
L'introduction du métal à l'âge du Bronze va bouleverser le paysage sonore. Des grandes trompes en bronze, des grelots et des pendeloques de harnais des chevaux, des tambours de bronze et les tous premiers instruments à cordes font leur apparition.
Parmi les nombreux instruments de musique des Celtes, les plus connus sont le carnyx, la grande trompe de guerre en bronze avec son pavillon en hure de sanglier, et la lyre des bardes.

automne 2012
conférences
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