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Le projet Kôm Abou Billou : l'internationalisation du Learning Center en Egypte

Le projet Kôm Abou Billou, porté conjointement par l'Ifao, l'université de Lille, Scienes Humaines et Sociales, et la Région Nord-Pas de Calais, participe au rayonnement du Learning Center Archéologie/Egyptologie/SHS en Egypte.

Partez à la découverte du site de Kôm Abou Billou et des travaux de terrain qui y sont menés en regardant les films tournés lors des campagnes archéologiques de janvier 2013 et novembre 2014 :

Kôm Abou Billou, un site archéologique du Delta égyptien

Kôm Abou Billou, fouilles archéologiques d'un site égyptien - novembre 2014

Le projet

Le projet Kôm Abou Billou est né en 2003, lors de l’arrivée du Professeur Didier Devauchelle sur la chaire d’Égyptologie à l’Université de Lille 3. En 2004, Sylvain Dhennin dépose un sujet de thèse, encadré par Didier Devauchelle, sur l’étude même du site de Kôm Abou Billou. Il a soutenu son doctorat en 2009, avant de devenir membre scientifique de l’Institut Français d’Archéologie Orientale du Caire (Ifao).
Un programme de fouilles archéologiques du site de Kôm Abou Billou, dirigé par Sylvain Dhennin, est lancé en 2010 dans une collaboration entre l’Ifao et l’Université Lille 3, appuyée par la signature d’une convention cadre.

 

L’équipe (par ordre alphabétique)

Shady Abd-Elhady, doctorant helléniste, Université ‘Ayn Shams (Le Caire)
Camille De Visscher, égyptologue, archéologue, Lille 3, Halma-Ipel
Didier Devauchelle, égyptologue, épigraphiste, Lille 3, Halma-Ipel
Sylvain Dhennin, égyptologue, archéologue, IFAO, Halma-Ipel
Mohammed Gaber, topographe, IFAO
Julie Marchand, céramologue, Poitiers
Sylvie Marchand, céramologue, IFAO
Olivier Onézime, topographe, IFAO
Aude Simony, céramologue, Poitiers
Ghislaine Widmer, égyptologue, épigraphiste, Lille 3, Halma-Ipel

 

 

 

 

Le site : ses atouts et son originalité

Présentation générale du site

Kôm Abou Billou est situé en bordure du désert libyque et correspond à l’ancienne ville pharaonique de Mefkat, la Térénouthis des Grecs. Idéalement placé entre les deux capitales traditionnelles de l’Égypte, Memphis et Alexandrie, Kôm Abou Billou était également un lieu de passage où aboutissaient de multiples pistes caravanières. Aux abords de cette ville inexplorée se trouve une vaste nécropole qui s’étendait à proximité d’un temple en calcaire d’époque gréco-romaine et d’un sanctuaire d’Hathor.

Historique des fouilles

Les premiers travaux à Kôm Abou Billou sont menés par l’Egypt Exploration Fund et Francis Llewellyn Griffith entre 1887 et 1888, à l’occasion d’une campagne de travaux archéologiques en Basse Égypte. Cette équipe met au jour quelques blocs du temple d’Hathor, ainsi que des tombes d’époque pharaonique et gréco-romaine. Il faut attendre 1935 et l’arrivée d’Enoch Peterson (Kelsey Museum, Université du Michigan) pour que de nouvelles fouilles soient réalisées. Du 10 mars au 20 avril 1935, E. Peterson ouvre plusieurs secteurs de la nécropole gréco-romaine et note l’important potentiel archéologique du site. Les nombreux objets issus de ces fouilles ont été partagés entre le Musée du Caire et le Kelsey Museum.
Les plus importantes opérations archéologiques ont été menées par le Service des Antiquités entre 1969 et 1975 : il s’agissait de fouilles de sauvetage conduites lors du creusement de l’actuel canal El-Nasseri, transperçant le site du sud au nord. L’essentiel des travaux a porté sur la nécropole, mais les publications concernant les fouilles depuis 1935 ont été très peu nombreuses.

Atouts et originalité

Le site de Kôm Abou Billou est très connu des Égyptiens et a pour eux une importance historique majeure. Ce lieu est d’une grande originalité : alors que sur la plupart des sites égyptiens, seuls le temple, la ville ou la nécropole sont conservés, ici ces trois éléments fondamentaux pour l’égyptologie sont réunis sur une vaste zone de 32 hectares.
La fouille archéologique menée à Kôm Abou Billou est à la fois une fouille programmée et une fouille de sauvetage, car les terrains cultivés situés en bordure du site rongent peu à peu la zone archéologique (la partie de la nécropole fouillée en 1935 par E. Peterson est aujourd’hui d’ailleurs recouverte par les plantations). Il convient donc d’intervenir rapidement afin de sauver de la destruction les nombreux vestiges présents qui permettront, en raison de leur richesse, d’aller au-delà de l’archéologie usuelle et d’effectuer une véritable archéologie du geste.

 

Le partenariat

Le projet Kôm Abou Billou repose sur la collaboration de plusieurs partenaires : l’Ifao, l’Université Lille 3, le Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, le gouvernement égyptien et la Région Nord-Pas de Calais.

L’Institut Français d’Archéologie Orientale au Caire et le Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche

Au sein de l’Institut Français d’Archéologie Orientale du Caire, le projet Kôm Abou
Billou est porté par Sylvain Dhennin qui est, depuis 2010, membre scientifique de cette institution. Celle-ci fut créée le 28 décembre 1880 par un décret inspiré par Gaston Maspero et signé par Jules Ferry, qui instituait une Mission permanente au Caire. Homologue en Égypte des Écoles Françaises d’Athènes et de Rome, ce nouvel organisme de recherche reçut tout naturellement le nom d’École du Caire, et ce n’est qu’en 1898 qu’il reçut son titre définitif d’Institut Français d’Archéologie Orientale. En 1907, l’Institut s’installe dans une ancienne résidence princière qui est aujourd’hui un élément important de son identité.
C’est en effet à partir de cette date que le palais Mounira lui offrit son cadre prestigieux. Au cours de son histoire, l’Institut fut à l’origine des grands travaux de l’égyptologie et la pluridisciplinarité est l’un des ses traits constitutifs. Il a pour vocation, aujourd’hui, l’étude des cultures qui se sont succédé en Égypte depuis la préhistoire jusqu’à l’époque moderne et dépend pleinement, à ce titre, du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche.

L’Université Lille 3

Premier du genre à avoir été créé, l’Institut de Papyrologie et d’Égyptologie de Lille fut fondé en 1902 par Pierre Jouguet, helléniste spécialisé dans l’histoire de l’Égypte. Depuis, l’égyptologie a toujours occupé une place privilégiée au sein de l’Université Lille 3.
Dès 1954, Jean Vercoutter, qui fut Professeur d’Égyptologie, lui associa un centre de recherche archéologique travaillant principalement sur le Soudan et la Nubie.
Aujourd’hui, l’Institut de Papyrologie et d’Égyptologie de Lille perpétue cette tradition d’enseignement et de recherche, sous la responsabilité du Professeur Didier Devauchelle. La philologie, la papyrologie et l’archéologie ont conservé toute leur importance, et le double rattachement géographique si particulier avec l’Égypte et le Soudan demeure.
Il n’existe que cinq chaires d’égyptologie en France, et Lille 3 est l’une de celles là ; plus encore, une équipe de recherche spécifique du CNRS (Halma-Ipel) y est rattachée.
Deux chantiers de fouilles au Soudan, un chantier en Égypte, une bibliothèque spécialisée (bibliothèque Jacques Vandier) et une collection d’objets archéologiques et papyrologiques contribuent à témoigner de la richesse de l’Institut de Papyrologie et d’Égyptologie de Lille.

Le gouvernement égyptien

Le projet Kôm Abou Billou a été particulièrement bien reçu par les autorités égyptiennes, car il s’intègre dans les priorités du gouvernement qui vise à favoriser les études sur le Delta du Nil dont les vestiges archéologiques sont aujourd’hui en danger. De plus, il s’agit d’un projet collectif, mettant en relation de prestigieuses institutions françaises et égyptiennes, telles que l’Ifao et l’Université d’Ayn Shams au Caire. Le Conseil Suprême des Antiquités a ainsi accordé, le 15 octobre 2012, l’autorisation de travail sur le site pour la première campagne archéologique qui s’est déroulée en janvier 2013.

La Région Nord-Pas de Calais

Depuis de nombreuses années, la Région Nord-Pas de Calais mène une politique active en matière de recherche et d’enseignement supérieur, en lien avec les acteurs de ce secteur. Elle s’implique aussi dans l’animation du dialogue savoirs-société pour ouvrir davantage l’université aux habitants et aux territoires, et sa participation au projet Kôm Abou Billou en est l’une des illustrations.